Thursday, September 28, 2006

Info Taiwan: Lafayette les revoici, les revoilà, nos frégates !


Voilà, ça vient de tomber sur mon téléscripteur, la Central News Agency publie ce soir (à minuit heure de Taipei) deux dépêches successives sur le scandale des Frégates Lafayette où la crème politique hexagonale serait, dit-on, compromise jusqu'au cou.

Le ministère public formosan fait donc savoir en cejeudi 28/09 que l'enquête continue pour savoir si d'autres indélicatesses ont été commises dans le cadre de l'Opération Bravo et si d'autres complices ont participé àleur éventuelle commission.

L'affaire n'est donc pas enterrée. En France, l'affaire a soudain refait surface cettte année avec le scandale Clearstream. Et puis, omerta oblige, silence radio.

On comprend pourquoi nos "journalistes" boudent les informations colorées sur les avatars actuels de la jeune démocratie taiwanaise qui, en passant, donne une sacrée leçon tant à ses frères ennemis de Pékin que ses lointains amis de Paris.

Selon donc The Central News Agency à Taipei, l’enquête du procureur de Taipei sur le scandale des Frégates Lafayette vendues par la France à Taiwan en 1991 n’a pas encore permis de dresser une liste de suspects ayant pu recevoir des commissions illégales.

Quoi qu’il en soit, le 28 septembre 2006, le procureur formosan prononçait 8 mises en accusation au chef de corruption : Andrew Wang, l’agent local de Thomson CSF devenu depuis Thalès, ainsi que toute sa famille, Yeh Hsiu-chen son épouse donc et leur quatre enfants.

Ces six-là sont en Europe pour échapper aux poursuites.

Les deux autres accusés sont un ancien officier de la marine formosane, Kuo Li-heng, déjà mis sous les verrous depuis des années dans une autre affaire de corruption, et son frère Kuo Wen-tien.

Une peine de prison à vie a été requise contre Andrew Wang qui s’est enfui de Taiwan après le décès du capitaine de la marine formosane Yin Chin-feng, décès survenu dans des circonstances suspectes alors que l’officier avait alerté les autorités sur ses collègues qui recevaient censément des commissions illégales dans le cadre du contrat des Frégates Lafayette. Depuis septembre 2000, Andrew Wang est recherché pour meurtre.

Des peines de 11 à 20 ans d’emprisonnement ont été demandées par le procureur contre les autres protagonistes officiellement mis en accusation.

Dans ce scandale de corruption, pas moins de 60 comptes bancaires furent ouverts tant en Europe qu’en Asie pour blanchir les 520 millions de $ de commissions illégales. L’opération de blanchiment ayant impliqué une dizaine de pays, l’enquête n’exclut pas l’éventualité qu’une somme encore plus importante d’argent sale reste ignorée.

Selon les enquêteurs, plus de 633 millions de $ ont été au total gelés sur 33 comptes bancaires suisses ouverts sous les noms des deux principaux accusés Wang et Kuo.

En dépit de spéculations sur la possible compromission de hauts responsables du parti nationaliste (KMT) au gouvernement à l’époque, aucun d’entre eux, notamment l’ex-président Lee Teng-hui et l’ex-chef d’état major général Hau Pei-tsun ne font pas l’objet de poursuites.

Sofia Wu pour The Central News Agency rappelle que c’est en août 2000 que le groupe spécial d’enquête placé sous l’autorité du bureau du procureur général taïwanais a été formé peu après la décision du Democratic Progressive Party, juste parvenu au pouvoir, d’enquêter sur les deux affaires sensibles liées au contrat des Frégates Lafayette : la mort « mystérieuse » du capitaine Ying et les commissions illégales alléguées.

En juillet 2001, cette première partie de l’enquête aboutissait à la mise en examen de plusieurs amiraux et officiers de marine au chef de corruption. La procédure judiciaire est toujours en cours.

La seconde partie de l’enquête a été longtemps retardée en raison des difficultés rencontrées pour accéder aux comptes en banque des principaux suspects ouverts à l’étranger. Ce n’est qu’à la fin de 2005 que les enquêteurs formosans purent avoir accès à ces comptes en Suisse, après la signature d’un pacte d’entraide judiciaire entre les autorités taïwanaises et helvètes, Andrew Wang ayant par ailleurs reçu du premier ministre formosan de l’époque (Frank Hsieh) une lettre qui assurait à l’accusé qu’il ne serait pas condamné à la peine de mort.

Pour l’agence centrale de presse à Taipei, Sofia Wu précise que le contrat des Frégates Lafayette passé « entre Taiwan et la France bannissait clairement tout paiement de commissions ou de rétrocommissions ».

Ajoutant que l’enquête, selon les autorités compétentes, allait se poursuivre pour déterminer si Andrew Wang avait eu des complices et « savoir si d’autres contrats d’armements entre Taiwan et la France, dont le contrat portant sur les Mirage 2000-5, avaient impliqué des scandales financiers similaires ».

De son côté Taiwan News, le 29/09 à 01 : 44 du matin heure de Taipei (19 : 44 heure de Paris le 28/09) rappelait, dans une dépêche plus succincte, que « la mort du capitaine Yin avait poussé les autorités à rechercher de possible irrégularités et à enquêter sur des responsables qui auraient pu tirer profit du contrat Lafayette comme d’autres contrats d’armements ».

Ajoutant encore que « le ministère de la Défense nationale avait offert une récompense de 100 millions de $ taïwanais à quiconque permettrait d’élucider l’affaire Lafayette ». La rédaction de Taiwan News de préciser alors qu’à ce jour, « personne ne s’était avancé pour produire de preuves en dépit de l’assurance donné par le gouvernement de garantir la sécurité des informateurs et d’accorder l’amnistie à quiconque consentirait à témoigner matériellement des faits. »

Ah, bon ?

Voici un blog pour en savoir plus "Clearstream & Frégates : The French Corruption" en hommage au défunt juge Thierry Jean-Pierre devenu avocat et écrivain.

Merci de votre attention.

殺懷疾 !


P.S.: Ce blog ne prend fait et cause pour aucune des parties en présence ni dans la crise politique taiwanaise ni dans les questions relatives aux rapports parfois tendus entre les Deux Rives. Le seul parti à prendre est celui de la vérité ! Mais comme celle-ci est violée en permanence comme une jeune vierge au coin d'un bois...
Ne resterait-il donc alors que le parti d'en rire ?

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