Monday, September 25, 2006

Info Taiwan : Corruption Sans Frontières


"Avaler la cigüe pour étancher sa soif".

D'après la Central News Agency à Taipei, le meneur de l'actuelle campagne anti-corruption a prévenu ce lundi 25 septembre 2006 le président Chen Shui-bian que, si, pour résister à la pression croissante en faveur de sa démission, il déclarait, par un acte désespéré, l'indépendance de Taiwan, cela reviendrait à "avaler la cigüe pour étancher sa soif"

Ce même lundi 25 septembre 2006, Taiwan Info fait savoir dans ses colonnes qu'il n'y avait aucun "lien entre les organisateurs" de la campagne anti-Chen et les "autorités chinoises". Du moins, selon l'Office de la Sécurité nationale dans l'île de 23 millions d'âmes située à deux ou trois encablures de la Grande Chine.

D'ailleurs, ajoute Taiwan Info, "Un haut responsable du bureau du Renseignement militaire" précise " qu’il n’y avait eu aucune indication d’un redéploiement des armées chinoises depuis le début des manifestations". De son côté, le vice-ministre de la Défense taïwanais estime "peu probable que Pékin prenne le risque de déclencher des réactions en chaîne de la part des Etats-Unis et du Japon en effectuant des mouvements de troupe en ce moment."

Aucune raison donc de s'inquiéter.

Pour l'heure Chen Shui-bian, si l'on en croit Taiwan News, se fait l'apôtre d'une modification de la Constitution. Faut-il que l'île soit gouvernée par un système présidentiel où le chef de l'Etat ait les pleins pouvoirs ou bien par un Cabinet ministériel élargi dont le Premier serait nommé par le chef de la majorité au Parlement, auquel cas l'élection du chef de l'Etat au suffrage universel ne s'imposerait plus ?

Controverse. Que dire de la manière dont le territoire national est défini dans la Constitution? Que faut-il inclure dans ce territoire dit national? Et c'est là que le bas blesse vis-à-vis certains. Car, Chen Shui-bian est le "président" d'une "République de Chine" dont le dit territoire peut, ponctue-t-il dans sa réflexion, se référer au territoire de la Dynastie Qing voire de la Dynastie Tang (VIIe s.) ou encore celui de la Mongolie voire la République populaire de Chine "ces deux dernières étant des pays indépendants et membres des Nations unies dépourvues de toute souveraineté débordant sur Taiwan".

Nulle imagination extraordinaire est nécessaire pour voir, de l'autre côté du détroit, se dresser des cheveux sur la tête, des yeux s'écarquiller et s'exorbiter, une intense fumée noire sourdre en même temps des naseaux et des oreilles dans un concert d'étranglements rocailleux.

Diplomatiquement parlant, le bouchon est loin poussé, sachant que Chen Shui-bian affirmait, hier, lors de ce séminaire de son parti, le DPP, qu'à son avis "Taiwan est notre pays et ne s'étend que sur 36.000 km2" ; conception, à ses yeux, "soutenue par une vaste majorité des 23 millions de citoyens de Taiwan". Définition territoriale qui n'inclut pas le République populaire de Chine ou la Mongolie si l'on prête foi au rédacteur de l'article rédigé en anglais. Et le président Chen de voir là un "enjeu majeur dans notre transition démocratique". Exit la République de Chine, welcome la République de Taiwan.

Du côté de Zhong Nan Hai, on mange son chapeau et on les entend furieusement mâcher d'ici.

C'était donc dans le Taiwan News en anglais d'aujourd'hui.

Maintenant sur le front de la lutte contre la corruption qui frappe l'indépendantiste Chen Shui-bian de plein fouet sans pour autant le déstabiliser apparemment, l'agence de presse continentale Xin Hua (Chine Nouvelle) annonce aujourd'hui toujours que, sur le Continent, "Chen Liangyu, secrétaire du Comité du Parti communiste chinois (PCC) pour la municipalité de Shanghai a été limogé à la suite du scandale de corruption qui a éclaboussé le fonds de pension. Chen a aussi été suspendu de ses fonctions de membre du Bureau politique du Comité central (CC) du Parti communiste chinois (PCC) et de membre du CC du PCC."

Alors que la semaine dernière, de l'autre côté du détroit, le maire de Keelung City, second port de l'île, écopait de 7 ans d'emprisonnement pour des faits relevant d'une qualification pénale similaire. Juste après une autre figure politique insulaire était impliquée dans un autre scandale et elle aussi démise de son parti.

Et, dit-on, les hommes d'affaires insulaires investissent massivement dans la région de Shanghai voire y délocalisent leurs entreprises non sans faire des mécontents dans la province dite « rebelle ».

En France, Pierre Bédier, ancien secrétaire d'Etat, et maire lui aussi, est, apprenons-nous le même jour, jugé avec ses acolytes dans une affaire qui n'a rien à envier aux affaires de ses collègues du "Continent" et de "l'île" même à 10.000 km de distance. Mais chacun se doute que la corruption n'a pas d'odeur tout comme l'argent qui la provoque et qu'à l'époque de la mondialisation elle est par vocation sans frontières.

Sur ce, on ne sait toujours pas si les Taïwanais ont finalement récupéré les 520 millions de $ des rétrocommissions des Frégates Lafayette que le 5 septembre 2006, par commission rogatoire internationale, leurs autorités tentaient d'extirper d'un compte où, en Suisse, la rondelette somme avait été gelée depuis quelques années suite au scandale des scandales dont, se dit-il, serait éclaboussée l'élite politique et affairiste française.

Mais, bon, faut-il vraiment croire ces bien mauvaises langues sur parole, n’est-ce pas ?

Merci de votre attention.

殺懷疾 !


PS: Comme vous le savez votre bon vieux Prof. SHA s'abstient de toute prise de position politique ou opinion en faveur des uns ou des autres en souhaitant santé, prospérité et bonheur à chacun comme à tous.

La Central News Agency propose une liste d'articles en anglais sur le brûlant sujet de la campagne anti-Chen. Il suffit de cliquer sur le lien pour y avoir accès. Autres sources : The Liberty Times, Radio Taiwan International, BCC, MacroView TV, TVBS sur The United Daily News 联合新闻网 avec accès aux actualités en direct (mais en chinois...).

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